” Célibattant”, “Solibataire”, sont les noms exotiques donnés aux nouveaux célibataires.
Un “célibattant” est un célibataire qui se bat pour ne plus l’être! Ce mot vient du verbe “se célibattre”. Il est le résultat d’un concours, consistant à inventer des mots qui parraissaient injustement absent des dico, organisé par le journal Sud-Ouest Dimanche, en juillet 2001
Ils clament haut et fort leur indépendance et leur affranchissement du modèle socio-culturel dominé par le couple.
Ils se disent libres de toutes contraintes, heureux de pouvoir butiner à droite à gauche, fiers de maîtriser leurs vies comme bon leur semble. Mais cette vision idyllique d’un choix de vie d’un type nouveau reflète-elle un véritable épanouissement ?
Un véritable épanouissement…
Avec plusieurs millions de personnes seules, la France est tout-à-fait en ligne avec ce type de société occidentale post-moderne.
Ce chiffre est d’ailleurs en augmentation constante. Mais il y a une différence avec la solitude d’antan ou le célibataire était l’éternel “vieux garçon” ou la “catherinette” de service. En effet, s’il y a de nombreux célibataires aujourd’hui, ceux-ci sont statistiquement beaucoup plus souvent en couple qu’ils ne paraissent l’avouer au premier abord. En fait plus d’un tiers de la vie d’un “célibattant” est partagée avec une autre personne. L’avantage indéniable de ce type de vie est évidemment la possibilité de changer plusieurs fois de partenaire. A l’heure où de nombreux couples s’échouent dans le divorce, cet aspect du “solo” est plutôt intéressant.
… ou un fardeau
Pourtant, cette liberté bénie un jour est portée comme un fardeau un autre jour. L‘être humain ne semble pas destiné à vivre seul parce qu’il a besoin d’une véritable relation d’amour. “L’homme quittera ses parents et s’attachera à sa femme” lit-on dans la Bible : le vieux modèle de nos parents semble toujours être le modèle gagnant.
” A 35 ans, j’étais seul et libre de bouger comme je voulais, explique Jean-Christophe, j’ai voyagé partout, j’ai eu de nombreuses aventures, parfois très courtes, parfois plus longues, mais sans jamais m’engager. Et puis un jour j’étais seul devant un paysage extraordinaire en Afrique, et je me suis demandé pourquoi je n’arrivais pas à le savourer normalement. J’ai compris en rentrant que j’avais besoin de partager, de montrer à quelqu’un à qui je tiens ce que je ressentais vraiment. J’ai pensé à avoir des enfants pour leur enseigner ce qu’il y a de bon dans la vie. Un soir j’ai rencontré une fille et depuis nous sommes ensemble”.

